Le champion du monde Lianos s’est éteint

Ici à Rome lors des Jeux équestres mondiaux de 1998, Lianos a mené Rodrigo Pessoa vers le titre mondial.
Crédit : Kit Houghton/FEI

Mardi 08 janvier - 16h06 | Lucas Tracol

Le champion du monde Lianos s’est éteint

Ancien complice de Rodrigo Pessoa, qu’il a mené vers le titre de champion du monde en 1998 à Rome, Lianos s’est éteint à l’âge de trente-deux ans. Depuis 2004, le bai profitait de sa retraite à Castellazzo, dans le Nord de l’Italie.     

Ce matin, à l’aube de ses trente-deux ans, le champion Lianos nous a quittés. Propriété de Vittorio Orlandi, chez qui il coulait une retraite heureuse depuis 2004, le bai laisse derrière lui d’innombrables succès avec Rodrigo Pessoa. Le fils de Landlord a connu les plus belles pages de sa carrière à Rome, en 1998, où il a mené le Brésilien jusqu’au titre de champion du monde. Même si la couleur du métal s’est jouée lors d’une finale tournante, le duo avait abordé cet ultime acte en tête de la compétition. Une carrière sportive dorée, qui n’était pourtant vraiment pas jouée d’avance, comme l'a très bien raconté Cavallo Magazine
 
“Je vends ce poulain à la seule condition ; qu’il ne concoure jamais, ni en saut d’obstacles ni dans aucune autre discipline”, avait dit l’éleveuse Anke Philipp aux premiers acheteurs de Lianos. Né Lausbub puis renommé plus tard, le bai avait en effet été accidenté au paddock dans ses jeunes années, ce qui avait eu un impact sur sa croissance. Lianos a particulièrement compté dans la vie de son éleveuse, qui l’a aidé à venir au monde dans les plaines du Holstein. Alors encore appelé Lausbub, le bai quitte l’Allemagne le 5 juin de 1989 pour la modique somme de 4000 Deutsche Mark (environ 2000 euros). En cédant son cheval pour de la balade, Anke Philippe n’imaginait pas le revoir plusieurs années plus tard à la télévision.  
 
Le 7 octobre 1998, Geylord Philipp, le fils d’Anke regarde en direct la première manche des championnats du monde de Rome. Arrive le tour de Rodrigo Pessoa et Lianos. Rapidement, le fils de l’éleveuse reconnait Lausbub et hurle pour avertir sa mère :“Regarde maman, ce cheval c’est Lausbub !” Anke Philippe reconnait à son tour son protégé, qui a troqué son physique chétif pour celui d’un athlète prêt à conquérir le monde. Au terme du championnat, Rodrigo Pessoa décroche en effet la plus belle des médailles grâce au fils de Landlord. 
 
D’abord considéré comme inapte à la compétition, Lianos arrive en 1994 dans les écuries du marchand hollandais Hans Horn, où travaille Jos Lansink qui prend les rênes du bai. Deux ans après, le hongre s’est déjà transformé et s’impose dans les Grands Prix de Bois-le-Duc et Zurich. Jos Lansink finit toutefois par quitter la structure afin de monter pour le compte de l’écurie Zangersheide de Leon Melchior. Hans Horn choisit alors de se séparer de Lianos, qui trouve preneur chez Vittorio Orlandi, à la recherche d’un cheval pour Gianni Govoni. Le couple est séparé en 1997, ce qui fait les affaire de Rodrigo Pessoa qui intègre le hongre à son piquet de chevaux. 
Alors décidé à participer aux Mondiaux de Rome avec Tomboy l’année qui suit, le Brésilien oriente finalement son choix sur Lianos, avec lequel il remporte le Grand Prix de Wiesbaden et performe dans la Coupe des nations d’Hickstead. La suite, on la connait ; le Brésilien termine au sommet avec son hongre. 
 
La moisson de succès ne s’arrête pas là, puisque Lianos remporte également un beau nombre de très beaux Grands Prix, à l’image de celui de Calgary en 2000 et 2001, de Genève en 2000, la Coupe du monde de Vérone en 2002, ou encore le Grand Prix de Suède à Falsterbo l’année qui suit. 
 
En 2004 vient le temps de la retraite. Choyé depuis toutes ces années à Castellazzo, dans le Nord de l’Italie, le bai au destin incroyable a donc poussé son dernier souffle aujourd'hui. Rodrigo Pessoa, qui a déjà perdu l'immense Baloubet du Rouet en 2017, a posté un message sur les réseaux sociaux, retraçant l'incroyable palmarès du bai. Une histoire commune qui a également été contée dans le livre Sabrine Delaveau, “Tu seras cavalier, mon fils : La saga Pessoa”.  

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